Noriko Baba

marraine de l'édition 2020

Noriko Baba © Kyoko Nagashima

Après avoir obtenu une Maîtrise de composition à l’Université des Beaux-Arts de Tokyo, la compositrice japonaise Noriko Baba poursuit sa formation au Conservatoire de Paris où elle obtient un Prix de composition avec mention très bien et un Prix d’orchestration, tout en étudiant également l’acoustique, l’analyse, l’ethnomusicologie. Par la suite, elle prend part au cursus de composition et d’informatique musicale de l’IRCAM.

 

Plusieurs bourses telles que Akiyoshidaï International Art Village, Sacem, Artiste en résidence à l’Académie Schloss Solitude à Stuttgart, Académie de France à Madrid (Casa de Velazquez), Villa Kujoyama à Kyoto, et le soutien d’interprètes confirmés – les ensembles 2e2m, Court-circuit, Ascolta, L’instant Donné, l’Orchestre Pasdeloup, Intercontemporain, Cairn, Next Mushroom Promotion, Quatuor Diotima, Nomade, Ives, Neue VocalSolisten, Cross.Art, Meitar, Florian Hoelscher, Yusuke Kikuchi, Gavriel Lipkind, Marianne Muller, Francesco Filidei – lui ont permis de développer des œuvres extrêmement sensibles et expressives derrière son apparente économie de moyens. Elle obtient le Second Prix du Concours de composition NHK-Mainichi, le Prix Georges Wildenstein de l’Académie des Beaux-Arts de l’Institut de France, le Gret Prix de composition International du festival de Takefu. Sa pièce Pororoca a été filmée par Michel Follin, diffusée sur ARTE.

 

Elle est pensionnaire à la Villa Médicis 2020-21.

Au clair d'un croissant - création

Les 5 Ensemble(s) sont heureux de créer la toute nouvelle pièce de Noriko Baba, Au clair d’un croissant, commande du Festival (avec le soutien de la Fondation Francis et Mica Salabert).

 

« Comme pour les Tableaux d’une exposition de Moussorgski, Au clair d’un croissant se compose de quatre mouvements reliés par une série de promenades sur un thème. Basé sur un souvenir de mon enfance, ce thème provient plus exactement d’une phrase de au clair de la lune, la première mélodie homophonique que j’ai apprise au piano. Les instrumentistes emploient parfois des jouets ou des outils d’éveil musical. Cette suite ludique veut donner aux spectateurs une sensation de rêve lucide dans un cadre nostalgique.  »

Théo Mérigeau

Né en 1987 à Besançon, Théo Mérigeau débute ses études musicales par la percussion avec Eve Payeur au Conservatoire de Rueil-Malmaison où il obtient en 2009 un premier prix (DEM) à l’unanimité. Parallèlement, il étudie l’écriture, au CRR de Rueil-Malmaison puis au Conservatoire de Paris (CNSMDP) dans les classes de Pierre Pincemaille et d’Alain Mabit. Il intègre ensuite la classe de composition de Frédéric Durieux, la classe d’analyse de Claude Ledoux et celle des Nouvelles Technologies de Luis Naon, Yann Geslin, Yan Maresz et Oriol Saladrigues.


Son intérêt pour les musiques extra-européennes l’amène à découvrir le gamelan Balinais qu’il a l’occasion d’apprendre au cours de plusieurs voyages à Bali en 2011, 2012 et 2013 auprès de I Wayan Kumpul et I Nyoman Kariasa et qu’il pratique avec les ensembles Puspawarna à Paris et Bintang Tiga à Marseille. En tant que percussionniste, il collabore avec les ensembles Hiatus, La septième Triple, le théâtre équestre Zingaro, la compagnie Eclats.

Points de Maille - création

Autre commande du Festival (avec le soutien de la Fondation Francis et Mica Salabert), Points de Maille réunira sur scène les solistes des 5 Ensemble(s) lors du concert de clôture.


Une maille est une boucle de fils qui, passées l’une dans l’autre, forment par leur réunion la structure d’un filet, d’une toile ou d’un tricot. Un point est l’unité répétitive de travail d’un ouvrage et la manière de tricoter ces mailles pour obtenir un certain effet. Cette allusion au champ lexical du tissage fait référence à la façon dont Théo Mérigeau a composé sa partition.

« J’ai souhaité la partager en tâches infinitésimales entre les instrumentistes, parfois en éléments très simples et élémentaires comme des points ou des lignes, afin de rechercher une virtuosité non pas individuelle, mais de groupe. Les techniques d’écriture de la partition sont pensées sous l’aspect du jeu collectif, par maillage tressage et entremêlement des parties. Chaque partie instrumentale prend toute sa valeur au sein de l’écoute globale


Le titre de ma partition fait également référence au travail du peintre Simon Hantaï (1922-2008) et plus particulièrement à deux de ses oeuvres : Peinture (écriture rose) composée entre 1958 et 1959 et la série des Tabulas établies entre 1972 et 1982.


Peinture (écriture rose) est une immense toile que le peintre a quotidiennement recouvert d’écritures manuscrites à la plume dans un travail méthodique et machinal qui s’est étalé sur une durée de 365 jours. Le résultat est paradoxal car l’accumulation et la profusion de détails à l’échelle microscopique génère une perception globale. Des figures éphémères émergent et se résorbent aussitôt que l’oeil pointe une autre zone du tableau. J’ai cherché à traduire ce phénomène dans ma partition en travaillant sur les plans sonores. Pour cela j’ai organisé des textures qui se remplissent progressivement, ainsi on passe d’une écoute analytique des figures à une écoute globale de l’ensemble. Cela me permet de créer des jeux d’écoute qui, du fait des seuils de perception, créent des phénomènes en trompe l’oeil.


La série des Tabulas (1972-82), a pour point commun une méthode rigoureuse employée par le peintre qui plie ses toiles et les noue avant de les peindre. Le résultat final, qui possède une marge d’imprévisibilité, advient lorsque la toile est dénouée. « Cette méthode […] consiste à renoncer aux séductions de la main, puis à plier sa propre volonté artistique au crible machinal d’une procédure » (Georges Didi-Huberman, L’Etoilement, éditions de Minuit, 1998). De loin, ces toiles ressemblent a un quadrillage à la métrique très ordonnée ; de plus près, le point de vue révèle de nombreuses imperfections liées à la technique utilisée : bordures aléatoires, bavures, différence d’épaisseur. Ces imperfections donnent à chacun de ces carrés une singularité et une modulation toujours différenciée générant une sensation globale d’une grande vitalité.


Sans vouloir retranscrire les œuvres de Simon Hantaï, j’ai recherché à trouver des équivalences de ce travail dans ma musique, notamment en ce qui concerne le rythme et les durées, les boucles, les répétitions et leurs évolutions. »

Les compositeur•rice•s

édition 2020
Patricia

Alessandrini

Toshio

Hosokawa

Sonja

Mutić

Benjamin

Attahir

Pierre

Jodlowski

Ofer - création

Pelz

Béla

Bartók

Philippe

Leroux​

Steve

Reich

Frank

Bedrossian

José Manuel - création

López López

Yann

Robin

Bastien

David

Michelle Agnes - création

Magalhaes

Alfred

Schnittke

Gérard

Grisey

Yan

Maresz

Salvatore

Sciarrino

Jonathan

Harvey​

Martin

Matalon

Johannes Maria​

Staud​

Jean-Luc

Hervé

Lara

Morciano

Gérard - création

Zinsstag

Noriko Baba

marraine de l'édition 2020

Noriko Baba © Kyoko Nagashima

Après avoir obtenu une Maîtrise de composition à l’Université des Beaux-Arts de Tokyo, la compositrice japonaise Noriko Baba poursuit sa formation au Conservatoire de Paris où elle obtient un Prix de composition avec mention très bien et un Prix d’orchestration, tout en étudiant également l’acoustique, l’analyse, l’ethnomusicologie. Par la suite, elle prend part au cursus de composition et d’informatique musicale de l’IRCAM.

 

Plusieurs bourses telles que Akiyoshidaï International Art Village, Sacem, Artiste en résidence à l’Académie Schloss Solitude à Stuttgart, Académie de France à Madrid (Casa de Velazquez), Villa Kujoyama à Kyoto, et le soutien d’interprètes confirmés – les ensembles 2e2m, Court-circuit, Ascolta, L’instant Donné, l’Orchestre Pasdeloup, Intercontemporain, Cairn, Next Mushroom Promotion, Quatuor Diotima, Nomade, Ives, Neue VocalSolisten, Cross.Art, Meitar, Florian Hoelscher, Yusuke Kikuchi, Gavriel Lipkind, Marianne Muller, Francesco Filidei – lui ont permis de développer des œuvres extrêmement sensibles et expressives derrière son apparente économie de moyens. Elle obtient le Second Prix du Concours de composition NHK-Mainichi, le Prix Georges Wildenstein de l’Académie des Beaux-Arts de l’Institut de France, le Gret Prix de composition International du festival de Takefu. Sa pièce Pororoca a été filmée par Michel Follin, diffusée sur ARTE.

 

Elle est pensionnaire à la Villa Médicis 2020-21.

Au clair d'un croissant - création

Les 5 Ensemble(s) sont heureux de créer la toute nouvelle pièce de Noriko Baba, Au clair d’un croissant, commande du Festival (avec le soutien de la Fondation Francis et Mica Salabert).

« Comme pour les Tableaux d’une exposition de Moussorgski, Au clair d’un croissant se compose de quatre mouvements reliés par une série de promenades sur un thème. Basé sur un souvenir de mon enfance, ce thème provient plus exactement d’une phrase de au clair de la lune, la première mélodie homophonique que j’ai apprise au piano. Les instrumentistes emploient parfois des jouets ou des outils d’éveil musical. Cette suite ludique veut donner aux spectateurs une sensation de rêve lucide dans un cadre nostalgique. »

Théo Mérigeau

Né en 1987 à Besançon, Théo Mérigeau débute ses études musicales par la percussion avec Eve Payeur au Conservatoire de Rueil-Malmaison où il obtient en 2009 un premier prix (DEM) à l’unanimité. Parallèlement, il étudie l’écriture, au CRR de Rueil-Malmaison puis au Conservatoire de Paris (CNSMDP) dans les classes de Pierre Pincemaille et d’Alain Mabit. Il intègre ensuite la classe de composition de Frédéric Durieux, la classe d’analyse de Claude Ledoux et celle des Nouvelles Technologies de Luis Naon, Yann Geslin, Yan Maresz et Oriol Saladrigues.


Son intérêt pour les musiques extra-européennes l’amène à découvrir le gamelan Balinais qu’il a l’occasion d’apprendre au cours de plusieurs voyages à Bali en 2011, 2012 et 2013 auprès de I Wayan Kumpul et I Nyoman Kariasa et qu’il pratique avec les ensembles Puspawarna à Paris et Bintang Tiga à Marseille. En tant que percussionniste, il collabore avec les ensembles Hiatus, La septième Triple, le théâtre équestre Zingaro, la compagnie Eclats.

Points de Maille - création

Autre commande du Festival (avec le soutien de la Fondation Francis et Mica Salabert), Points de Maille réunira sur scène les solistes des 5 Ensemble(s) lors du concert de clôture.


Une maille est une boucle de fils qui, passées l’une dans l’autre, forment par leur réunion la structure d’un filet, d’une toile ou d’un tricot. Un point est l’unité répétitive de travail d’un ouvrage et la manière de tricoter ces mailles pour obtenir un certain effet. Cette allusion au champ lexical du tissage fait référence à la façon dont Théo Mérigeau a composé sa partition.

« J’ai souhaité la partager en tâches infinitésimales entre les instrumentistes, parfois en éléments très simples et élémentaires comme des points ou des lignes, afin de rechercher une virtuosité non pas individuelle, mais de groupe. Les techniques d’écriture de la partition sont pensées sous l’aspect du jeu collectif, par maillage tressage et entremêlement des parties. Chaque partie instrumentale prend toute sa valeur au sein de l’écoute globale


Le titre de ma partition fait également référence au travail du peintre Simon Hantaï (1922-2008) et plus particulièrement à deux de ses oeuvres : Peinture (écriture rose) composée entre 1958 et 1959 et la série des Tabulas établies entre 1972 et 1982.


Peinture (écriture rose) est une immense toile que le peintre a quotidiennement recouvert d’écritures manuscrites à la plume dans un travail méthodique et machinal qui s’est étalé sur une durée de 365 jours. Le résultat est paradoxal car l’accumulation et la profusion de détails à l’échelle microscopique génère une perception globale. Des figures éphémères émergent et se résorbent aussitôt que l’oeil pointe une autre zone du tableau. J’ai cherché à traduire ce phénomène dans ma partition en travaillant sur les plans sonores. Pour cela j’ai organisé des textures qui se remplissent progressivement, ainsi on passe d’une écoute analytique des figures à une écoute globale de l’ensemble. Cela me permet de créer des jeux d’écoute qui, du fait des seuils de perception, créent des phénomènes en trompe l’oeil.


La série des Tabulas (1972-82), a pour point commun une méthode rigoureuse employée par le peintre qui plie ses toiles et les noue avant de les peindre. Le résultat final, qui possède une marge d’imprévisibilité, advient lorsque la toile est dénouée. « Cette méthode […] consiste à renoncer aux séductions de la main, puis à plier sa propre volonté artistique au crible machinal d’une procédure » (Georges Didi-Huberman, L’Etoilement, éditions de Minuit, 1998). De loin, ces toiles ressemblent a un quadrillage à la métrique très ordonnée ; de plus près, le point de vue révèle de nombreuses imperfections liées à la technique utilisée : bordures aléatoires, bavures, différence d’épaisseur. Ces imperfections donnent à chacun de ces carrés une singularité et une modulation toujours différenciée générant une sensation globale d’une grande vitalité.


Sans vouloir retranscrire les œuvres de Simon Hantaï, j’ai recherché à trouver des équivalences de ce travail dans ma musique, notamment en ce qui concerne le rythme et les durées, les boucles, les répétitions et leurs évolutions. »

Les compositeur·rice·s

édition 2020

Patricia

Alessandrini

Toshio

Hosokawa

Sonja

Mutić

Benjamin

Attahir

Pierre

Jodlowski

Ofer - création

Pelz

Béla

Bartók

Philippe

Leroux​

Steve

Reich

Frank

Bedrossian

José Manuel - création

López López

Yann

Robin

Batien

David

Michelle Agnes - création

Magalhaes

Alfred

Schnittke

Gérard

Grisey

Yan

Maresz

Salvatore

Sciarrino

Jonathan

Harvey​

Martin

Matalon

Johannes Maria​

Staud​

Jean-Luc

Hervé

Lara

Morciano

Gérard - création

Zinsstag

Noriko Baba

marraine de l'édition 2020

Noriko Baba © Kyoko Nagashima

Après avoir obtenu une Maîtrise de composition à l’Université des Beaux-Arts de Tokyo, la compositrice japonaise Noriko Baba poursuit sa formation au Conservatoire de Paris où elle obtient un Prix de composition avec mention très bien et un Prix d’orchestration, tout en étudiant également l’acoustique, l’analyse, l’ethnomusicologie. Par la suite, elle prend part au cursus de composition et d’informatique musicale de l’IRCAM.


Plusieurs bourses telles que Akiyoshidaï International Art Village, Sacem, Artiste en résidence à l’Académie Schloss Solitude à Stuttgart, Académie de France à Madrid (Casa de Velazquez), Villa Kujoyama à Kyoto, et le soutien d’interprètes confirmés – les ensembles 2e2m, Court-circuit, Ascolta, L’instant Donné, l’Orchestre Pasdeloup, Intercontemporain, Cairn, Next Mushroom Promotion, Quatuor Diotima, Nomade, Ives, Neue VocalSolisten, Cross.Art, Meitar, Florian Hoelscher, Yusuke Kikuchi, Gavriel Lipkind, Marianne Muller, Francesco Filidei – lui ont permis de développer des œuvres extrêmement sensibles et expressives derrière son apparente économie de moyens. Elle obtient le Second Prix du Concours de composition NHK-Mainichi, le Prix Georges Wildenstein de l’Académie des Beaux-Arts de l’Institut de France, le Gret Prix de composition International du festival de Takefu. Sa pièce Pororoca a été filmée par Michel Follin, diffusée sur ARTE.


Elle est pensionnaire à la Villa Médicis 2020-21.

Au clair d'un croissant - création

Les 5 Ensemble(s) sont heureux de créer la toute nouvelle pièce de Noriko Baba, Au clair d’un croissant, commande du Festival (avec le soutien de la Fondation Francis et Mica Salabert).


« Comme pour les Tableaux d’une exposition de Moussorgski, Au clair d’un croissant se compose de quatre mouvements reliés par une série de promenades sur un thème. Basé sur un souvenir de mon enfance, ce thème provient plus exactement d’une phrase de au clair de la lune, la première mélodie homophonique que j’ai apprise au piano. Les instrumentistes emploient parfois des jouets ou des outils d’éveil musical. Cette suite ludique veut donner aux spectateurs une sensation de rêve lucide dans un cadre nostalgique. »

Théo Mérigeau

Né en 1987 à Besançon, Théo Mérigeau débute ses études musicales par la percussion avec Eve Payeur au Conservatoire de Rueil-Malmaison où il obtient en 2009 un premier prix (DEM) à l’unanimité. Parallèlement, il étudie l’écriture, au CRR de Rueil-Malmaison puis au Conservatoire de Paris (CNSMDP) dans les classes de Pierre Pincemaille et d’Alain Mabit. Il intègre ensuite la classe de composition de Frédéric Durieux, la classe d’analyse de Claude Ledoux et celle des Nouvelles Technologies de Luis Naon, Yann Geslin, Yan Maresz et Oriol Saladrigues.


Son intérêt pour les musiques extra-européennes l’amène à découvrir le gamelan Balinais qu’il a l’occasion d’apprendre au cours de plusieurs voyages à Bali en 2011, 2012 et 2013 auprès de I Wayan Kumpul et I Nyoman Kariasa et qu’il pratique avec les ensembles Puspawarna à Paris et Bintang Tiga à Marseille. En tant que percussionniste, il collabore avec les ensembles Hiatus, La septième Triple, le théâtre équestre Zingaro, la compagnie Eclats.

Points de Maille - création

Autre commande du Festival (avec le soutien de la Fondation Francis et Mica Salabert), Points de Maille réunira sur scène les solistes des 5 Ensemble(s) lors du concert de clôture.


Une maille est une boucle de fils qui, passées l’une dans l’autre, forment par leur réunion la structure d’un filet, d’une toile ou d’un tricot. Un point est l’unité répétitive de travail d’un ouvrage et la manière de tricoter ces mailles pour obtenir un certain effet. Cette allusion au champ lexical du tissage fait référence à la façon dont Théo Mérigeau a composé sa partition.

« J’ai souhaité la partager en tâches infinitésimales entre les instrumentistes, parfois en éléments très simples et élémentaires comme des points ou des lignes, afin de rechercher une virtuosité non pas individuelle, mais de groupe. Les techniques d’écriture de la partition sont pensées sous l’aspect du jeu collectif, par maillage tressage et entremêlement des parties. Chaque partie instrumentale prend toute sa valeur au sein de l’écoute globale


Le titre de ma partition fait également référence au travail du peintre Simon Hantaï (1922-2008) et plus particulièrement à deux de ses oeuvres : Peinture (écriture rose) composée entre 1958 et 1959 et la série des Tabulas établies entre 1972 et 1982.


Peinture (écriture rose) est une immense toile que le peintre a quotidiennement recouvert d’écritures manuscrites à la plume dans un travail méthodique et machinal qui s’est étalé sur une durée de 365 jours. Le résultat est paradoxal car l’accumulation et la profusion de détails à l’échelle microscopique génère une perception globale. Des figures éphémères émergent et se résorbent aussitôt que l’oeil pointe une autre zone du tableau. J’ai cherché à traduire ce phénomène dans ma partition en travaillant sur les plans sonores. Pour cela j’ai organisé des textures qui se remplissent progressivement, ainsi on passe d’une écoute analytique des figures à une écoute globale de l’ensemble. Cela me permet de créer des jeux d’écoute qui, du fait des seuils de perception, créent des phénomènes en trompe l’oeil.


La série des Tabulas (1972-82), a pour point commun une méthode rigoureuse employée par le peintre qui plie ses toiles et les noue avant de les peindre. Le résultat final, qui possède une marge d’imprévisibilité, advient lorsque la toile est dénouée. « Cette méthode […] consiste à renoncer aux séductions de la main, puis à plier sa propre volonté artistique au crible machinal d’une procédure » (Georges Didi-Huberman, L’Etoilement, éditions de Minuit, 1998). De loin, ces toiles ressemblent a un quadrillage à la métrique très ordonnée ; de plus près, le point de vue révèle de nombreuses imperfections liées à la technique utilisée : bordures aléatoires, bavures, différence d’épaisseur. Ces imperfections donnent à chacun de ces carrés une singularité et une modulation toujours différenciée générant une sensation globale d’une grande vitalité.


Sans vouloir retranscrire les œuvres de Simon Hantaï, j’ai recherché à trouver des équivalences de ce travail dans ma musique, notamment en ce qui concerne le rythme et les durées, les boucles, les répétitions et leurs évolutions. »

Les compositeur•rice•s

Patricia Alessandrini
Benjamin Attahir
Béla Bartók
Frank Bedrossian
Bastien David
Gérard Grisey
Jonathan Harvey
Jean-Luc Hervé
Toshio Hosokawa
Pierre Jodlowski
Philippe Leroux
José Manuel López López *
Michelle Agnes Magalhaes *
Yan Maresz
Martin Matalon
Lara Morciano
Sonja Mutić
Ofer Pelz *
Steve Reich
Yann Robin
Alfred Schnittke
Salvatore Sciarrino
Johannes Maria Staud
Gérard Zinsstag *

* création