Les compo-
siteur•rice•s

Pour cette deuxième édition, trois compositeurs sont à l’honneur : Florent Caron Darras et Demian Rudel Rey, auxquels le festival a passé deux commandes, et Beat Furrer, l’une des grandes figures internationales de la musique d’aujourd’hui. Un hommage sera également rendu à Paul Méfano, disparu il y a tout juste un an.

Beat Furrer

Beat Furrer © David Furrer

Autriche / Suisse - 1954

Beat Furrer s’intéresse au jazz, aux arts plastiques (effets de clair-obscur dans son Streichquartett n° 1, 1984 ; inspiration des monochromes d’Yves Klein pour Nuun, 1996), à la littérature (Illuminations, 1985, d’après Rimbaud ; Dort ist das Meer – Nachts steig’ ich hina, 1986, sur des textes de Pablo Neruda), rédigeant et traduisant lui-même ses livrets. Son dernier opéra, Violetter Schnee, sur un livret de Händl Klaus, est créé en 2019 au Staatsoper Unter den Linden de Berlin.


Sa musique, entre son et ton, entre bruit et langage, explore les modalités d’expression, de déploiement sonore dans l’espace et de nouvelles relations entre son vocal et son instrumental. La voix, du balbutiement bruité au langage constitué, est une composante essentielle de ses recherches, comme en témoignent ses nombreuses œuvres dramatiques : Die Blinden, 1989 ; Narcissus, 1994 ; Invocation, 2003 ; FAMA, 2005 ; Wüstenbuch, 2009 ; Passaggio, 2014.

Pianiste de formation, Beat Furrer étudie la composition et la direction d’orchestre à la Hochschule für Musik und Darstellende Kunst de Vienne. En 1985, il fonde l’ensemble Klangforum Wien, dont il assure la direction artistique jusqu’en 1992 et auquel il est toujours associé en tant que chef d’orchestre. En 1991, il devient professeur de composition à la Hochschule für Musik und Darstellende Kunst de Graz et de 2006 à 2009, il est professeur invité de composition à la Hochschule für Musik und Darstellende Kunst de Francfort. Avec le violoniste Ernst Kovacic, il a fondé impuls, ensemble international et Académie de compositeurs pour la musique contemporaine.

 

Il reçoit de nombreux prix dont le Lion d’or de la Biennale de Venise en 2006 pour son œuvre FAMA, le Grand Prix de l’État autrichien en 2014, le Ernst von Siemens Musikpreis en 2018.

Paul Méfano

Compositeur inclassable, issu de la musique post-sérielle et approfondissant l’électroacoustique, Paul Méfano s’éloigne rapidement du sérialisme en forgeant son style dans une recherche expressive et poétique très libre et un esprit non-conformiste. Il explore l’utilisation de micro-intervalles, le timbre ou encore l’articulation entre son, souffle et bruits de jeu instrumentaux par l’emploi de techniques et effets particuliers, appréciant particulièrement la collaboration avec les musiciens.

 

Fondateur, en 1972, de l’Ensemble 2e2m qu’il dirige jusqu’en 2004, il participe activement à la vie musicale, à la découverte et au soutien de nombreux compositeurs qui seront internationalement reconnus : Jean Barraqué, Brian Ferneyhough, Franco Donatoni, Luigi Nono, Aldo Clementi, Philippe Boesmans, Morton Feldman, Edison Denisov, John Cage, Hugues Dufourt, Philippe Manoury, Stéphane de Gérando, Laurent Martin.

Élève de Darius Milhaud et Olivier Messiaen, Paul Méfano suit également les cours de Pierre Boulez, Karlheinz Stockhausen et Henri Pousseur à Bâle. Il assiste notamment aux concerts du Domaine musical et aux séminaires de Darmstadt. En 1965, sur les recommandations de Messiaen, il est programmé pour la première fois par Pierre Boulez au Domaine musical, sous la direction de Bruno Maderna.

 

Après un séjour aux États-Unis (1966-1968) et une année à Berlin, il rentre en France en 1970 et se consacre à la composition et à la direction d’orchestre.

 

Il a par ailleurs été directeur des conservatoires de Champigny-sur-Marne (1972-1988) et de Versailles (1996-2005), ainsi que professeur de composition et orchestration au CNSMDP.

 

Musicien reconnu, Paul Méfano a été honoré de plusieurs prix : Chevalier de l’Ordre National du Mérite, en 1980, Grand prix National de la Musique, en 1982, Commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres, en 1985 ainsi que le Prix de la Sacem de la musique symphonique en 1989.

 

Il a enregistré plus de quarante disques durant sa carrière dont de nombreuses œuvres de ses contemporains et de compositeurs de la jeune génération.

France - (1937 - 2020)
© Thierry Martinot

Florent Caron Darras

Territoires - création mondiale
commande du Festival Ensemble(s)

La composition de cette pièce repose sur l’analyse d’enregistrements de terrains réalisés en Normandie et en Val de Loire, dans lesquels j’ai pu isoler diverses manifestations de faunes pour m’intéresser uniquement à leur aspect temporel. Les phénomènes de réitération, de micro-variations et de fausse isochronie constituaient des formes d’invariants entre diverses espèces, sur divers territoires et en divers moments de la journée ou de la saison.


En retenant exclusivement ces caractéristiques rythmiques, j’ai cherché à juxtaposer des matériaux comme des espèces imaginaires autonomes, jusqu’à parvenir à des états d’ambiguïté avec d’autres références que sont la synthèse granulaire ou la musique électronique progressive. La lente évolution des paysages sonores m’a conduit vers une conception plus minimale du développement et du continuum, et les phénomènes de lentes émergences et de bascules entre les plans sonores ont ouvert la pièce à l’idée de déambulation.


Un autre parcours réside dans le geste même de l’écriture, qui cherche à rassembler, à synchroniser ces autonomies dans les relations instrumentales pour constituer une proposition structurelle.

France / Japon - 1986

Aussi sensible aux musiques électroniques que traditionnelles (notamment géorgiennes, iraniennes et japonaises), Florent Caron Darras écrit une musique traversée par la question des modèles sonores, des microrythmes, des ornements et des attaques, motivée jusque dans ses titres par les rapports entre l’humain, l’environnement et la technologie.


Né au Japon, c’est par le chant grégorien et les percussions classiques que Florent C. Darras commence sa pratique musicale.


Après un Master Recherche sur la musique contemporaine japonaise à Paris-Sorbonne, il entre au CNSMDP où son parcours est récompensé par deux Masters et quatre Prix (Composition, Improvisation, Analyse et Esthétique). Désireux de confronter son travail auprès de musiciens reconnus, il reçoit notamment les écoutes et conseils de Tristan Murail, Toshio Hosokawa, Jean-Luc Hervé, Yann Robin et Raphaël Cendo, avant d’être sélectionné au cursus de composition et d’informatique musicale de l’IRCAM. Il est actuellement doctorant SACRe à l’Université PSL.

Agrégé de musique, il enseigne à l’Université Catholique de l’Ouest et poursuit des recherches indépendantes sur les polyphonies vocales de Géorgie avec l’ethnomusicologue Simha Arom.

 

Florent C. Darras a eu l’occasion de travailler à plusieurs reprises avec l’Ensemble intercontemporain, mais aussi Multilatérale, Cairn, Regards, Muromachi (Tokyo), le quatuor Castalian (Londres) ainsi que les interprètes Marie Ythier, Annabelle Jarre, Fanny Vicens, Nicolas Arsenijevic, ou les chefs Matthias Pintscher, David Reiland, Léo Warynski, Simon Proust.


Sa musique a été diffusée sur France Musique et sur l’acousmonium du GRM, et interprétée à la Philharmonie de Paris, à la Philharmonie de Tokyo Bunka Kaikan, au studio 104 de la Maison de la Radio, au Centquatre-Paris, ou encore lors du festival ManiFeste (Ircam-Centre Pompidou), au festival Présences (Radio France), au festival Mixtur (Barcelone), et à l’exposition universelle de Milan.


Il reçoit, durant son parcours, le soutien de la Fondation de France (Prix Monique Rollin), de la Fondation Meyer, et de la SACEM.

Demian
Rudel Rey

Natif de Ciudad de Buenos Aires et demeurant actuellement à Lyon, Demian Rudel Rey obtient un DEM et un DNSPM de guitare. Après une Licence en composition et un Master en Arts combinés à l’UNA (Argentine), il valide son Master de composition instrumentale et son Artist Diploma au CNSM de Lyon ainsi que son stage de composition à KUG.

 

Façonné par les cours et séminaires de compositeurs prestigieux, il reçoit notamment les conseils de Philippe Hurel, Martín Matalon, Franck Bedrossian et Yann Robin qui l’ont fortement marqué dans sa pensée compositionnelle.

 

Demian Rudel Rey dédie sa production de compositeur aux musiques instrumentales, mixtes, électroacoustiques ainsi qu’à la musique-visuelle.

 

Pour le développement de ses projets de composition, il a reçu le soutien du Centre Nadia et Lili Boulanger, de la Fondation Salabert, de la SACEM, du Mozarteum Argentino, du FNArtes…

L’énergie électrisante de son travail lui a permis de remporter les prix Ivan Juritz Prize (GB), Prix Fondation Salabert (FR), Sond’Ar-te (PT), Musicworks (CA), Matera Intermedia (IT), CICEM (MC).

 

Ses expériences professionnelles l’ont amené à travailler avec des ensembles tels que Proxima Centauri, Court-Circuit, l’EOC avec Bruno Mantovani, le quatuor Tana, le Barcelona Modern, l’AuditivVokal Dresden…

 

Récemment, il a créé un opéra de chambre, Qu’est-ce que l’amour ?, avec l’ensemble qu’il a formé à Lyon. Ses projets futurs incluent des collaborations avec Proxima Centauri, le JJAF, l’ensemble Ars Nova…

Argentine - 1987
Argos Panoptes - création mondiale
commande du Festival Ensemble(s)

Argos Panoptes s’inspire de divers textes de la poétesse argentine Alejandra Pizarnik, notamment ceux liés à la mort : Balada de la piedra que llora, La jaula et La caída. Le titre Argos Panoptes fait référence au géant aux cent yeux de la mythologie grecque, que l’on retrouve également dans un passage du poème La caída.


Nourrie par ces textes et images sonores, l’œuvre représente, de manière probablement ironique et poétique, son lien avec la mort. La musique évoque des moments intenses, réflexifs, humoristiques et fugaces, fortement en phase avec la nature de chaque poème. Ces « yeux de pierre qui pleurent à côté du silence » et cette « mort qui meurt de rire, tandis que la vie meurt de larmes » sont peut-être des images qui synthétisent l’univers imaginaire créé spécialement pour cette pièce.


Alors, le spectateur voyage vers des environnements découpés, groovies, acharnés, et des plages plus contemplatives. Divers éléments musicaux sont écartés dans chaque section, s’intercalant et générant des contextes changeants et des énergies variées.

Compositeur•rice•s

édition 2021
Ondřej

Adámek

Stylianos - création

Dimou

Giulia

Lorusso

Ariadna

Alsina Tarrés

Iñaki

Estrada Torío

Sunyeong - création

Pak

Georges

Aperghis

Lucas

Fagin

Eva

Reiter

Juan - création

Arroyo

Francesco

Filidei

Claire-Mélanie - création

Sinnhuber​

Maël

Bailly

Vinko

Globokar

Adrien

Trybucki

Dahae - création

Boo

Gérard

Grisey

Franck Christoph

Yeznikian

Gustave - création

Carpène​

Manon - création

Lepauvre​

Paul​

Clift​

Liza

Lim

Les compo-
siteur•rice•s​

Pour cette deuxième édition, trois compositeurs sont à l’honneur : Florent Caron Darras et Demian Rudel Rey, auxquels le festival a passé deux commandes, et Beat Furrer, l’une des grandes figures internationales de la musique d’aujourd’hui. Un hommage sera également rendu à Paul Méfano, disparu il y a tout juste un an.

Beat Furrer

© David Furrer
Autriche / Suisse - 1954

Beat Furrer s’intéresse au jazz, aux arts plastiques (effets de clair-obscur dans son Streichquartett n° 1, 1984 ; inspiration des monochromes d’Yves Klein pour Nuun, 1996), à la littérature (Illuminations, 1985, d’après Rimbaud ; Dort ist das Meer – Nachts steig’ ich hina, 1986, sur des textes de Pablo Neruda), rédigeant et traduisant lui-même ses livrets. Son dernier opéra, Violetter Schnee, sur un livret de Händl Klaus, est créé en 2019 au Staatsoper Unter den Linden de Berlin.


Sa musique, entre son et ton, entre bruit et langage, explore les modalités d’expression, de déploiement sonore dans l’espace et de nouvelles relations entre son vocal et son instrumental. La voix, du balbutiement bruité au langage constitué, est une composante essentielle de ses recherches, comme en témoignent ses nombreuses œuvres dramatiques : Die Blinden, 1989 ; Narcissus, 1994 ; Invocation, 2003 ; FAMA, 2005 ; Wüstenbuch, 2009 ; Passaggio, 2014.

Pianiste de formation, Beat Furrer étudie la composition et la direction d’orchestre à la Hochschule für Musik und Darstellende Kunst de Vienne. En 1985, il fonde l’ensemble Klangforum Wien, dont il assure la direction artistique jusqu’en 1992 et auquel il est toujours associé en tant que chef d’orchestre. En 1991, il devient professeur de composition à la Hochschule für Musik und Darstellende Kunst de Graz et de 2006 à 2009, il est professeur invité de composition à la Hochschule für Musik und Darstellende Kunst de Francfort. Avec le violoniste Ernst Kovacic, il a fondé impuls, ensemble international et Académie de compositeurs pour la musique contemporaine.


Il reçoit de nombreux prix dont le Lion d’or de la Biennale de Venise en 2006 pour son œuvre FAMA, le Grand Prix de l’État autrichien en 2014, le Ernst von Siemens Musikpreis en 2018.

Paul Méfano

© Thierry Martinot
France - (1937 - 2020)

Compositeur inclassable, issu de la musique post-sérielle et approfondissant l’électroacoustique, Paul Méfano s’éloigne rapidement du sérialisme en forgeant son style dans une recherche expressive et poétique très libre et un esprit non-conformiste. Il explore l’utilisation de micro-intervalles, le timbre ou encore l’articulation entre son, souffle et bruits de jeu instrumentaux par l’emploi de techniques et effets particuliers, appréciant particulièrement la collaboration avec les musiciens.


Fondateur, en 1972, de l’Ensemble 2e2m qu’il dirige jusqu’en 2004, il participe activement à la vie musicale, à la découverte et au soutien de nombreux compositeurs qui seront internationalement reconnus : Jean Barraqué, Brian Ferneyhough, Franco Donatoni, Luigi Nono, Aldo Clementi, Philippe Boesmans, Morton Feldman, Edison Denisov, John Cage, Hugues Dufourt, Philippe Manoury, Stéphane de Gérando, Laurent Martin.

Élève de Darius Milhaud et Olivier Messiaen, Paul Méfano suit également les cours de Pierre Boulez, Karlheinz Stockhausen et Henri Pousseur à Bâle. Il assiste notamment aux concerts du Domaine musical et aux séminaires de Darmstadt. En 1965, sur les recommandations de Messiaen, il est programmé pour la première fois par Pierre Boulez au Domaine musical, sous la direction de Bruno Maderna.


Après un séjour aux États-Unis (1966-1968) et une année à Berlin, il rentre en France en 1970 et se consacre à la composition et à la direction d’orchestre.


Il a par ailleurs été directeur des conservatoires de Champigny-sur-Marne (1972-1988) et de Versailles (1996-2005), ainsi que professeur de composition et orchestration au CNSMDP.


Musicien reconnu, Paul Méfano a été honoré de plusieurs prix : Chevalier de l’Ordre National du Mérite, en 1980, Grand prix National de la Musique, en 1982, Commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres, en 1985 ainsi que le Prix de la Sacem de la musique symphonique en 1989.


Il a enregistré plus de quarante disques durant sa carrière dont de nombreuses œuvres de ses contemporains et de compositeurs de la jeune génération.

Florent Caron Darras

France / Japon - 1986

Aussi sensible aux musiques électroniques qu’aux musiques traditionnelles (notamment géorgiennes, iraniennes et japonaises), Florent Caron Darras écrit une musique traversée par la question des modèles sonores, des microrythmes, des ornements et des attaques, motivée jusque dans ses titres par les rapports entre l’humain, l’environnement et la technologie.


Né au Japon, c’est par le chant grégorien et les percussions classiques que Florent C. Darras commence sa pratique musicale. Après un Master Recherche sur la musique contemporaine japonaise à Paris-Sorbonne, il entre au CNSMDP où son parcours est récompensé par deux Masters et quatre Prix (Composition, Improvisation, Analyse et Esthétique). Désireux de confronter son travail auprès de musiciens reconnus, il reçoit notamment les écoutes et conseils de Tristan Murail, Toshio Hosokawa, Jean-Luc Hervé, Yann Robin et Raphaël Cendo, avant d’être sélectionné au cursus de composition et d’informatique musicale de l’IRCAM. Il est actuellement doctorant SACRe à l’Université PSL.

Agrégé de musique, il enseigne à l’Université Catholique de l’Ouest et poursuit des recherches indépendantes sur les polyphonies vocales de Géorgie avec l’ethnomusicologue Simha Arom.


Florent C. Darras a eu l’occasion de travailler à plusieurs reprises avec l’Ensemble intercontemporain, mais aussi Multilatérale, Cairn, Regards, Muromachi (Tokyo), le quatuor Castalian (Londres) ainsi que les interprètes Marie Ythier, Annabelle Jarre, Fanny Vicens, Nicolas Arsenijevic, ou les chefs Matthias Pintscher, David Reiland, Léo Warynski, Simon Proust.


Sa musique a été diffusée sur France Musique et sur l’acousmonium du GRM, et interprétée à la Philharmonie de Paris, à la Philharmonie de Tokyo Bunka Kaikan, au studio 104 de la Maison de la Radio, au Centquatre-Paris, ou encore lors du festival ManiFeste (Ircam-Centre Pompidou), au festival Présences (Radio France), au festival Mixtur (Barcelone), et à l’exposition universelle de Milan.


Il reçoit, durant son parcours, le soutien de la Fondation de France (Prix Monique Rollin), de la Fondation Meyer, et de la SACEM.

La composition de cette pièce repose sur l’analyse d’enregistrements de terrains réalisés en Normandie et en Val de Loire, dans lesquels j’ai pu isoler diverses manifestations de faunes pour m’intéresser uniquement à leur aspect temporel. Les phénomènes de réitération, de micro-variations et de fausse isochronie constituaient des formes d’invariants entre diverses espèces, sur divers territoires et en divers moments de la journée ou de la saison.


En retenant exclusivement ces caractéristiques rythmiques, j’ai cherché à juxtaposer des matériaux comme des espèces imaginaires autonomes, jusqu’à parvenir à des états d’ambiguïté avec d’autres références que sont la synthèse granulaire ou la musique électronique progressive. La lente évolution des paysages sonores m’a conduit vers une conception plus minimale du développement et du continuum, et les phénomènes de lentes émergences et de bascules entre les plans sonores ont ouvert la pièce à l’idée de déambulation.


Un autre parcours réside dans le geste même de l’écriture, qui cherche à rassembler, à synchroniser ces autonomies dans les relations instrumentales pour constituer une proposition structurelle.

Demian Rudel Rey

Argentine - 1987

Natif de Ciudad de Buenos Aires et demeurant actuellement à Lyon, Demian Rudel Rey obtient un DEM et un DNSPM de guitare. Après une Licence en composition et un Master en Arts combinés à l’UNA (Argentine), il valide son Master de composition instrumentale et son Artist Diploma au CNSMde Lyon ainsi que son stage de composition à KUG.

 

Façonné par les cours et séminaires de compositeurs prestigieux, il reçoit notamment les conseils de Philippe Hurel, Martín Matalon, Franck Bedrossian et Yann Robin qui l’ont fortement marqué dans sa pensée compositionnelle.

 

Demian Rudel Rey dédie sa production de compositeur aux musiques instrumentales, mixtes, électroacoustiques ainsi qu’à la musique-visuelle.

 

Pour le développement de ses projets de composition, il a reçu le soutien du Centre Nadia et Lili Boulanger, de la Fondation Salabert, de la SACEM, du Mozarteum Argentino, du FNArtes…

L’énergie électrisante de son travail lui a permis de remporter les prix Ivan Juritz Prize (GB), Prix Fondation Salabert (FR), Sond’Ar-te (PT), Musicworks (CA), Matera Intermedia (IT), CICEM (MC).

 

Ses expériences professionnelles l’ont amené à travailler avec des ensembles tels que Proxima Centauri, Court-Circuit, l’EOC avec Bruno Mantovani, le quatuor Tana, le Barcelona Modern, l’AuditivVokal Dresden…

 

Récemment, il a créé un opéra de chambre, Qu’est-ce que l’amour ?, avec l’ensemble qu’il a formé à Lyon. Ses projets futurs incluent des collaborations avec Proxima Centauri, le JJAF, l’ensemble Ars Nova…

 

Argos Panoptes s’inspire de divers textes de la poétesse argentine Alejandra Pizarnik, notamment ceux liés à la mort : Balada de la piedra que llora, La jaula et La caída. Le titre Argos Panoptes fait référence au géant aux cent yeux de la mythologie grecque, que l’on retrouve également dans un passage du poème La caída.


Nourrie par ces textes et images sonores, l’œuvre représente, de manière probablement ironique et poétique, son lien avec la mort. La musique évoque des moments intenses, réflexifs, humoristiques et fugaces, fortement en phase avec la nature de chaque poème. Ces « yeux de pierre qui pleurent à côté du silence » et cette « mort qui meurt de rire, tandis que la vie meurt de larmes » sont peut-être des images qui synthétisent l’univers imaginaire créé spécialement pour cette pièce.


Alors, le spectateur voyage vers des environnements découpés, groovies, acharnés, et des plages plus contemplatives. Divers éléments musicaux sont écartés dans chaque section, s’intercalant et générant des contextes changeants et des énergies variées.

Les compositeur·rice·s

édition 2021

Ondřej

Adámek

Stylianos - création

Dimou

Ariadna

Alsina Tarrés

Iñaki

Estrada Torío

Giulia

Lorusso

Georges

Aperghis

Lucas

Fagin

Sunyeong - création

Pak

Juan - création

Arroyo

Francesco

Filidei

Eva

Reiter

Maël

Bailly

Vinko

Globokar

Claire-Mélanie - création

Sinnhuber

Dahae - création

Boo

Gérard

Grisey

Adrien

Trybucki

Gustave - création

Carpène

Manon - création

Lepauvre

Franck Christoph

Yeznikian

Paul

Clift

Liza

Lim

Franck Christoph

Yeznikian

Les compo-
siteur•rice
•s

Pour cette deuxième édition, trois compositeurs sont à l’honneur : Florent Caron Darras et Demian Rudel Rey, auxquels le festival a passé deux commandes, et Beat Furrer, l’une des grandes figures internationales de la musique d’aujourd’hui.

Un hommage sera également rendu à Paul Méfano, disparu il y a tout juste un an.

Beat Furrer

© David Furrer

Autriche / Suisse – 1954


Beat Furrer s’intéresse au jazz, aux arts plastiques (effets de clair-obscur dans son Streichquartett n° 1, 1984 ; inspiration des monochromes d’Yves Klein pour Nuun, 1996), à la littérature (Illuminations, 1985, d’après Rimbaud ; Dort ist das Meer – Nachts steig’ ich hina, 1986, sur des textes de Pablo Neruda), rédigeant et traduisant lui-même ses livrets. Son dernier opéra, Violetter Schnee, sur un livret de Händl Klaus, est créé en 2019 au Staatsoper Unter den Linden de Berlin


Sa musique, entre son et ton, entre bruit et langage, explore les modalités d’expression, de déploiement sonore dans l’espace et de nouvelles relations entre son vocal et son instrumental. La voix, du balbutiement bruité au langage constitué, est une composante essentielle de ses recherches, comme en témoignent ses nombreuses œuvres dramatiques : Die Blinden, 1989 ; Narcissus, 1994 ; Invocation, 2003 ; FAMA, 2005 ; Wüstenbuch, 2009 ; Passaggio, 2014.


Pianiste de formation, Beat Furrer étudie la composition et la direction d’orchestre à la Hochschule für Musik und Darstellende Kunst de Vienne. En 1985, il fonde l’ensemble Klangforum Wien, dont il assure la direction artistique jusqu’en 1992 et auquel il est toujours associé en tant que chef d’orchestre. En 1991, il devient professeur de composition à la Hochschule für Musik und Darstellende Kunst de Graz et de 2006 à 2009, il est professeur invité de composition à la Hochschule für Musik und Darstellende Kunst de Francfort. Avec le violoniste Ernst Kovacic, il a fondé impuls, ensemble international et Académie de compositeurs pour la musique contemporaine.


Il reçoit de nombreux prix dont le Lion d’or de la Biennale de Venise en 2006 pour son œuvre FAMA, le Grand Prix de l’État autrichien en 2014, le Ernst von Siemens Musikpreis en 2018.


— beatfurrer.com

Paul Méfano

© Thierry Martinot

France – (1937 – 2020)


Compositeur inclassable, issu de la musique post-sérielle, Paul Méfano s’éloigne rapidement du sérialisme en forgeant son style dans une recherche expressive et poétique très libre et un esprit non-conformiste. Il explore l’utilisation de micro-intervalles, le timbre ou encore l’articulation entre son, souffle et bruits de jeu instrumentaux par l’emploi de techniques et effets particuliers, appréciant particulièrement la collaboration avec les musiciens.


Fondateur, en 1972, de l’Ensemble 2e2m qu’il dirige jusqu’en 2004, il participe activement à la vie musicale, à la découverte et au soutien de nombreux compositeurs qui seront internationalement reconnus : Jean Barraqué, Brian Ferneyhough, Franco Donatoni, Luigi Nono, Aldo Clementi, Philippe Boesmans, Morton Feldman, Edison Denisov, John Cage, Hugues Dufourt, Philippe Manoury, Stéphane de Gérando, Laurent Martin.


Élève de Darius Milhaud et Olivier Messiaen, Paul Méfano suit également les cours de Pierre Boulez, Karlheinz Stockhausen et Henri Pousseur à Bâle. Il assiste notamment aux concerts du Domaine musical et aux séminaires de Darmstadt. En 1965, sur les recommandations de Messiaen, il est programmé pour la première fois par Pierre Boulez au Domaine musical, sous la direction de Bruno Maderna.


Après un séjour aux États-Unis (1966-1968) et une année à Berlin, il rentre en France en 1970 et se consacre à la composition et à la direction d’orchestre.


Il a par ailleurs été directeur des conservatoires de Champigny-sur-Marne (1972-1988) et de Versailles (1996-2005), ainsi que professeur de composition et orchestration au CNSMDP.


Musicien reconnu, Paul Méfano a été honoré de plusieurs prix : Chevalier de l’Ordre National du Mérite, en 1980, Grand prix National de la Musique, en 1982, Commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres, en 1985 ainsi que le Prix de la Sacem de la musique symphonique en 1989.


Il a enregistré plus de quarante disques durant sa carrière dont de nombreuses œuvres de ses contemporains et de compositeurs de la jeune génération.

Florent
Caron Darras

France / Japon – 1986


Aussi sensible aux musiques électroniques qu’aux musiques traditionnelles (notamment géorgiennes, iraniennes et japonaises), Florent Caron Darras écrit une musique traversée par la question des modèles sonores, des microrythmes, des ornements et des attaques, motivée jusque dans ses titres par les rapports entre l’humain, l’environnement et la technologie.


Né au Japon, c’est par le chant grégorien et les percussions classiques que Florent C. Darras commence sa pratique musicale.

Après un Master Recherche sur la musique contemporaine japonaise à Paris-Sorbonne, il entre au CNSMDP où son parcours est récompensé par deux Masters et quatre Prix (Composition, Improvisation, Analyse et Esthétique). Désireux de confronter son travail auprès de musiciens reconnus, il reçoit notamment les écoutes et conseils de Tristan Murail, Toshio Hosokawa, Jean-Luc Hervé, Yann Robin et Raphaël Cendo, avant d’être sélectionné au cursus de composition et d’informatique musicale de l’IRCAM. Il est actuellement doctorant SACRe à l’Université PSL.


Agrégé de musique, il enseigne à l’Université Catholique de l’Ouest et poursuit des recherches indépendantes sur les polyphonies vocales de Géorgie avec l’ethnomusicologue Simha Arom.


Florent C. Darras a eu l’occasion de travailler à plusieurs reprises avec l’Ensemble intercontemporain, mais aussi Multilatérale, Cairn, Regards, Muromachi (Tokyo), le quatuor Castalian (Londres) ainsi que les interprètes Marie Ythier, Annabelle Jarre, Fanny Vicens, Nicolas Arsenijevic, ou les chefs Matthias Pintscher, David Reiland, Léo Warynski, Simon Proust.


— florentcdarras.com


La composition de cette pièce repose sur l’analyse d’enregistrements de terrains réalisés en Normandie et en Val de Loire, dans lesquels j’ai pu isoler diverses manifestations de faunes pour m’intéresser uniquement à leur aspect temporel. Les phénomènes de réitération, de micro-variations et de fausse isochronie constituaient des formes d’invariants entre diverses espèces, sur divers territoires et en divers moments de la journée ou de la saison.


En retenant exclusivement ces caractéristiques rythmiques, j’ai cherché à juxtaposer des matériaux comme des espèces imaginaires autonomes, jusqu’à parvenir à des états d’ambiguïté avec d’autres références que sont la synthèse granulaire ou la musique électronique progressive. La lente évolution des paysages sonores m’a conduit vers une conception plus minimale du développement et du continuum, et les phénomènes de lentes émergences et de bascules entre les plans sonores ont ouvert la pièce à l’idée de déambulation.


Un autre parcours réside dans le geste même de l’écriture, qui cherche à rassembler, à synchroniser ces autonomies dans les relations instrumentales pour constituer une proposition structurelle.

Demian
Rudel Rey

Argentine – 1987


Natif de Ciudad de Buenos Aires et demeurant actuellement à Lyon, Demian Rudel Rey obtient un DEM et un DNSPM de guitare. Après une Licence en composition et un Master en Arts combinés à l’UNA (Argentine), il valide son Master de composition instrumentale et son Artist Diploma au CNSM de Lyon ainsi que son stage de composition à KUG.

Façonné par les cours et séminaires de compositeurs prestigieux, il reçoit notamment les conseils de Philippe Hurel, Martín Matalon, Franck Bedrossian et Yann Robin qui l’ont fortement marqué dans sa pensée compositionnelle.

Demian Rudel Rey dédie sa production de compositeur aux musiques instrumentales, mixtes, électroacoustiques ainsi qu’à la musique-visuelle.

Pour le développement de ses projets de composition, il a reçu le soutien du Centre Nadia et Lili Boulanger, de la Fondation Salabert, de la SACEM, du Mozarteum Argentino, du FNArtes…

L’énergie électrisante de son travail lui a permis de remporter les prix Ivan Juritz Prize (GB), Prix Fondation Salabert (FR), Sond’Ar-te (PT), Musicworks (CA), Matera Intermedia (IT), CICEM (MC).

Ses expériences professionnelles l’ont amené à travailler avec des ensembles tels que Proxima Centauri, Court-Circuit, l’EOC avec Bruno Mantovani, le quatuor Tana, le Barcelona Modern, l’AuditivVokal Dresden…

Récemment, il a créé un opéra de chambre, Qu’est-ce que l’amour ?, avec l’ensemble qu’il a formé à Lyon. Ses projets futurs incluent des collaborations avec Proxima Centauri, le JJAF, l’ensemble Ars Nova…

Argos Panoptes s’inspire de divers textes de la poétesse argentine Alejandra Pizarnik, notamment ceux liés à la mort : Balada de la piedra que llora, La jaula et La caída. Le titre Argos Panoptes fait référence au géant aux cent yeux de la mythologie grecque, que l’on retrouve également dans un passage du poème La caída.


Nourrie par ces textes et images sonores, l’œuvre représente, de manière probablement ironique et poétique, son lien avec la mort. La musique évoque des moments intenses, réflexifs, humoristiques et fugaces, fortement en phase avec la nature de chaque poème. Ces « yeux de pierre qui pleurent à côté du silence » et cette « mort qui meurt de rire, tandis que la vie meurt de larmes » sont peut-être des images qui synthétisent l’univers imaginaire créé spécialement pour cette pièce.


Alors, le spectateur voyage vers des environnements découpés, groovies, acharnés, et des plages plus contemplatives. Divers éléments musicaux sont écartés dans chaque section, s’intercalant et générant des contextes changeants et des énergies variées.

Les compositeur•rice•s

Ondřej Adámek
Ariadna Alsina Tarrés
Georges Aperghis
Juan Arroyo*
Maël Bailly
Dahae Boo*
Gustave Carpène*
Paul Clift
Stylianos Dimou*
Iñaki Estrada Torío
Lucas Fagin
Francesco Filidei
Vinko Globokar
Gérard Grisey
Manon Lepauvre*
Liza Lim
Giulia Lorusso
Sunyeong Pak*
Eva Reiter
Claire-Mélanie Sinnhuber*
Adrien Trybucki
Franck Christoph Yeznikian

* création